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GRAND PUBLIC › Où voir les oiseaux ?

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mercredi 4 février 2015 09:10

La vallée de la Vire entre le pont de Candol et le pont de Gourfaleur

La Vire longue de 120 km  a un cours orienté globalement Sud Nord. Traversant les collines du Mortainais et du Virois, elle ralentit son cours et s'élargit entre Tessy sur Vire et Saint-Fromond avant de traverser les marais et de se jeter dans la Manche en baie des Veys.Le site décrit ici se situe en amont de Saint-Lô. Dans ce secteur, la Vire a été remodelée pour la navigation et le transport avec des seuils, des barrages,  des écluses.  Des biefs alimentaient  en eau moulins et plus tard micro-centrales. Le chemin de halage permet de suivre longuement le cours de la Vire.

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vendredi 18 avril 2014 15:53

La plaine du Tôt et le fond de Nerval

La plaine si souvent décriée offre pourtant, a qui la fréquente, des espèces intéressantes et parfois de belles sur­prises. Ainsi, je vous conseille la découverte de la plaine du Tôt en pays de Caux, en périphérie de I'agglomération havraise La balade débute a proximité du château du Tôt qui est entoure d'une vaste cour masure. Ici, la présence de bétail, de vieux arbres et d'une végétation diversifiée attire de nombreux oiseaux. L'hiver, merle noir, grives mauvis et litorne abondent dans les pâturages alors que pinson des arbres, verdier et chardonneret profitent des faines et de graines entreposées dans les bâtiments agricoles. Une telle concentration de passereaux est une aubaine pour 1'epervier qui rode souvent dans les parages a cette époque de 1'annee. Le boisement du clos masure profite aux sittelle,  grimpereau des jardins, mésanges et pic vert. Les plus vieux arbres abritent, le jour, chouette hulotte et chouette chevêche cette dernière apparaissant en bonne santé en ces lieux.

En poursuivant le chemin, on délaisse hêtres et frênes pour un paysage ouvert de plaine. La culture est représentative de celles menées en pays de Caux a savoir, blé, lin, mais, betterave, colza ...

Les oiseaux sédentaires inféodés a ce milieu sont 1'alouette des champs, le pipit farlouse, le bruant proyer, le bruant jaune, la corneille noire, la perdrix grise, le pigeon ramier et le faucon crécerelle. Des la fin de 1'ete, après le départ récent de la caille des blés, des oiseaux en halte migratoire sont observables. Avec un peu de chance, vous croiserez le chemin du traquet motteux, de la cisticole des joncs et, exceptionnellement, celui du bruant des roseaux.

Octobre sera propice a la recherche de la mouette melanocéphale parmi mouettes rieuses, goélands cendres et bruns. Durant 1'automne, la formation d'une mare, lors d'abondantes précipita­tions, peut accueillir en petit nombre bécassine des marais, courlis cendre, voire chevalier gambette. En cette saison, la morne plaine est égayée par les linottes mélodieuses, bergeronnettes grises et de Yarrell. Concernant les rapaces, une buse variable ou une femelle de busard Saint-Martin survole parfois les immenses étendues de terre nue et, peut-être, surprendrez-vous le faucon pèlerin observe deux hivers consécutifs.

Pluvier dore et vanneau huppé, seuls limicoles présents 1'hiver, sont a chercher dans les herbages sommitaux vers Rolleville.

A 1'approche de ce village, le relief devient tourmente et vous découvrirez un bassin de rétention surmonte de versants abrupts. C'est ici, durant la deuxième moitie du mois de mars, qu'il est possible de rencontrer le merle a plastron vu en 1999. Le printemps marque le retour de la bergeronnette printanière et du faucon hobereau aux splendides couleurs.

L'intérêt de cette plaine réside en partie dans sa localisation au niveau d'un couloir migratoire apportant espèces migratrices en halte en plus de celles représentatives du milieu. Par conséquent, il arrive de la trouver désertique. Les plus persévérants iront alors au fond de Nerval en direction du Fontenay. Cet endroit, classe en ZPS (Zone de Protection Spéciale), constitue un bassin versant pour la Curande. Ses pentes boisées, abritant de nombreux passereaux, sont une incitation a 1'apprentissage des chants. Les espèces les plus notables suivant les saisons sont la tourterelle des bois, la fauvette grisette, la fauvette des jardins, le faucon hobereau, le bouvreuil pivoine, le roitelet triple ban­deau et la bécasse des bois.

La plaine de Caen-Falaise

Milieu souvent boudé des ornilhologues, la plaine n'est pas sans attraits, que ce soit au plan avifaunistique ou même au plan paysager, voire plus largement naturaliste. Les mois d'été sont généralement peu mis à profit pour observer, alors que beaucoup d'oiseaux sont visibles et que bien des inconnues persistent sur la présence et la biologie de certaines espèces en fin de saison de reproduction (engoulevent, moyen-duc...).

La campagne de Caen et de Falaise, surtout occupée par des cultures (blé, orge, betterave, pois, et loin derrière colza, maïs, lin et quelques autres), bénéficie d'un climat relalivement sec. Elle est parsemée de quelques haies, de petits bois assez nombreux, de chemins agricoles bien entretenus et généralement carrossables (attention de ne pas barrer le chemin aux agriculteurs) et bien entendu de villages, entourés de vergers de pommiers souvent âgés. Une des espèces remarquables est sûrement l'oedicnème criard, qui habite les lieux avec deux noyaux de peuplement plus ou moins éloignés. II peut encore couver ou élever des jeunes à cette époque de l'année, et être observé dans les champs les plus nus et caillouteux. L'alouette des champs, le bruant proyer et la bergeronnette printaniére type (mais aussi flavéole) peuvent encore nicher à cette période, de même que la caille. Le faucon hobereau et le hibou moyen-duc sont à rechercher dans les lisières des bois, les jeunes étant souvent au nid en juillet, détectables par leurs cris. Et, quand apparaissent les premières bottes de paille dans les champs, celles-ci servent bien souvent de perchoirs aux rapaces, nocturnes et diurnes, qui régurgitent à leurs pieds de nombreuses pelotes de régurgitation (avis aux amateurs). 

Toujours au chapitre des rapaces, le busard Saint-Martin est facilement visible dans son vol d'exploration, et plus occasionnellemenl le busard cendré, voire des roseaux. Sinon, les premiers migrateurs peuvent être observés à partir du milieu de l'été : vanneau huppé, pluvier doré, faucon émerillon, traquet motteux, et même pluvier guignard si l'on a de la chance (à partir de la fin d'août).

Pour en revenir aux bois, ils sont habiltés, entre autres, par la tourterelle des bois, le rossignol philomèle, l'épervier d'Europe et la buse variable ; les petites zones bocagères le sont par la chouette chevêche et le bruant zizi. Le torcol trouve peut-être, au sud de la zone, dans l'Orne, un de ses derniers refuges normands. Si les lieux propices à l'observation sont innombrables, je vous propose trois secteurs, à parcourir à pied, en vélo ou en voiture, le télescope s'avérant là particulièrement utile. Le premier au sud-est entre Morteaux-Coulibeuf, Beaumais et les Grands Moutiers, le second plus au nord entre Ernes, Sassy et Maizières, et le troisième plus près de la route de Caen à Falaise entre Saint-Sylvain, Cauvicourt et Soignolles.

Les circuits des poiriers à Mantilly, capitale du poiré

Située à l'extrême pointe sud-ouest du département de l'Orne, commune du canton de Passais la Conception, Mantilly est réputée depuis longtemps pour son poiré. Son paysage de bocage est constitué de haies plantées généralement sur talus, alternant avec des prairies naturelles, de très nombreux prés vergers de poiriers, mais aussi de pommiers, de prés humides de vallée plus ou moins larges où le maillage bocager est moins dense. Ici non plus, la commune de Mantilly n'est pas épargnée, certains secteurs bocagers sont dégradés du fait de la période de mutation que traverse actuellement l'agriculture.

Dans la diversité de ses paysages, pour déguster les produits fermiers, et pourquoi pas découvrir l'avifaune, deux parcours itinérants appelés : "les circuits des poiriers" ont été crées. L'ensemble des deux circuits couvre la quasi-totalité de la commune. L'un est balisé en rose (une boucle de 18 km), l'autre en jaune (une boucle de 17 km). Aussi, est-il préférable d'utiliser le vélo ou la voiture pour les parcourir.

En empruntant ces circuits, et en fonction des saisons et du milieu, voici ce qui peut être vu ou/et entendu : tout d'abord les vergers, généralement plantés à proximité des villages. Au printemps, ils sont habités par les mésanges charbonnière, bleue et nonnette, nos turdidés (merle noir, grives musicienne et draine, rougequeue à front blanc), pic vert, pie bavarde, la chouette chevêche, si elle n'a pas disparu, est à redécouvrir. Proche des villages nichent rouge-gorge, gobemouche gris, tourterelle turque, bruant zizi, moineau domestique, verdier d'Europe. A l'automne, les fleurs ont laissé la place aux fruits attirant quantité d'oiseaux, étourneaux, nos turdidés notamment les premières grives litorne et mauvis. Tout naturellement, cette concentration de passereaux attire l'épervier d'Europe.

Les grandes haies d'arbres bordant les circuits abritent sittelle torchepot, grimpereau des jardins, pic épeiche, pigeon ramier, corneille noire, geai des chênes, buse variable et quand elles ne sont pas entretenues, mésange à longue queue. accenteur mouchet, fauvette à tête noire, pouillot véloce et bouvreuil pivoine. L'hiver, sous les hêtres à la recherche de faines on peut observer de nombreux fringillidés comme le pinson du Nord.

Dans les vallées humides nichent quelques couples de courlis cendré, pipit farlouse, bruant des roseaux, et dans ces même vallées, où le maillage est plus dense, le rare pic cendré se fait parfois entendre. Sur ces prés humides, après de fortes pluies, de grandes flaques d'eau apparaissent, attirant alors à la période des migrations, chevaliers culblanc et guignette, canard colvert et sarcelle d'hiver, bécassine des marais, héron cendré, traquet tarier, alouette des champs et ont été observées au moins une fois cigognes blanche et noire. Tous ces oiseaux y stationnent plus ou moins longuement.

Dès que le milieu s'ouvre un peu, les " collines " avec labours ou herbage accueillent faucon crécerelle, bruant jaune, traquet pâtre, linotte mélodieuse et l'alouette lulu.

Je vous souhaite une bonne balade et observation, et surtout n'oubliez pas de contribuer à la conservation et au renouvellement des vergers (de haute tige). Faites donc une halte chez les producteurs, qui vous proposent du poiré, et d'autres produits à base de poire, et pensez aussi à déguster cidre et calvados.

Le bois d'Ardennes

Situé dans le sud de la Manche à 10 km environ d'Avranches, le bois d'Ardennes dénote dans notre bocage. Avec ses 80 ha, il est une des rares "forêts" du département le moins boisé de France. De plus, il est placé en fond de vallée, en bordure du fleuve Sélune, poussant sur des alluvions. 

C'est à ce titre qu'il est classé en forét de protection. Actuellement propriété du département, c'est l'O.N.F. qui assure la gestion sylvicole. Il est ouvert au public avec un parcours de santé et un chemin de découverte ponctué d'informations. 

Pendant une partie de l'année, la nappe phréatique affleure en de nombreux points, la végétation s'en ressent : les grands arbres sont rares, la lumière descend donc plus bas, permettant à de nombreux arbustes d'occuper la place. Le lierre est très présent, fructifiant abondamment en fin d'hiver le long des troncs. 

Les populations d'oiseaux y sont étonnamment importantes, probablement grâce à cet étagement inhabituel privilégiant la strate arbustive, plus riche en nourriture. Avec l'hiver qui commence, ce sont les rondes de mésanges (dont la mésange huppée), de grimpereaux et de roitelets qui animent le sous-bois.

L'absence de feuilles permet de repérer 5 espèces de pics : le pic épeiche surtout, le pic mar exceptionnel dans le secteur, le pic épeichette dont le long tambourinement s'entend parfois de loin, le pic vert en lisière et depuis peu le pic noir. Restera-t-il ? Les grands hêtres sont rares. Au mois de mars, un très grand nombre de grives mauvis et autres turdidés font bombance dans les lierres.

Le concert de printemps est si important qu'on peut s'y perdre : des troglodytes et des rouge-gorges omniprésents, grives draines et musiciennes, pouillots véloces et fauvettes à tête noire, grimpereaux et sittelles ... 

Mais aussi, dans la canopée, le loriot ou le bouvreuil. Pas de pouillot siffleur car la végétation basse est trop importante.

L'été est beaucoup plus silencieux on peut en profiter pour longer la rivière à la recherche de la poule d'eau ou de l'hirondelle de rivage qui niche dans une proche carrière de sable. Le grand cormoran est régulier en toute saison. 

Avec quelques reprises timides de chants, l'automne voit le départ du discret gobemouche gris, l'arrivée de la bécasse des bois et le passage de nombreux migrateurs.

A Ducey, la direction du bois d'Ardennes est bien indiquée. Deux parkings en bordure de route et deux boucles de chemins balisés facilitent la visite. Il est autorisé de sortir des chemins battus...

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